La cacherouth

Un dossier préparé par K. Acher
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Mille excuses?

 

On est dans la panade ... Septembre 2006.


Mais pour ne pas être en reste, le Rav Avraham Yaffe Schlesinger de Genève a également commis des nuggets de poisson à la chapelure, vaillamment étiquetés Cacher pour Pessa'h. Même question quant au rôle et à la présence d'un surveillant de cacherouth.
Mais cette fois les produits sont dans les étals sans rectification et seront valides jusqu'en Août 2008.
Pour du poisson pané, on est dans la panade.
Aucun communiqué -à notre connaissance- n'a été publié par ledit Rabbinat pour avertir son monde. Mais en a-t-il?

Voici à titre de comparaison le communiqué le commuiqué qu'avait fait paraître le Rabbinat de Metz dans des circonstances semblables. Il est vrai que c'était un entrefilet en hébreu dans un journal communautaire d'Anvers et paru après la fête de Pessa'h 1998. Voici l'article écrit par un de nos futurs collaborateurs, et qui n'a rien perdu de son actualité...

Un entrefilet d'un journal communautaire d'Anvers nous livre un communiqué émanant du Beth Din de Metz assez édifiant: Une fabrication récente de croquettes de poisson destinée à la consommation durant Pessa'h était garantie Cachère lePessa'h et Parve ("neutre").
Voici le communiqué:
«Pour éviter un danger:
A notre grande tristesse, il s'avère que les croquettes de la marque W…. fabriquées sous notre surveillance et étiquetées "Parve - Cacher lePessa'h" contiennent du lait et de la chapelure de pain.
Toute personne qui serait en possession de ce produit doit le brûler au titre "de 'Hamets ayant été dans la possession d'un juif durant Pessa'h" et il y lieu de consulter une autorité rabbinique pour ce qui concerne la cachérisation des ustensiles ayant servi à leur consommation.
Que le Miséricordieux pardonne les fautes!
Nous écrivons et signons ce communiqué avec des larmes et honte.
Le Beth Din de Metz».

Il va sans dire que le produit a été retiré du marché, et que l'on peut sans crainte rentrer dans une épicerie et faire ses courses.
Sans crainte?
Un tel incident est arrivé au Beth Din de Metz, dont le Rabbin est un homme respectable, doté d'une grande expérience de la Cachrouth, attestée par la multiplicité des produits fabriqués sous sa responsabilité. Le consommateur lambda se pose toutefois certaines questions sur tous les incidents qui ont émaillé l'image de la Cacherout ces dernières années. Quelques exemples parmi d'autres::
Tel fromage cachère, sous surveillance orthodoxe, s'est avéré être un fromage non cachère sur lequel un intermédiaire sans scrupule collait les étiquettes "fabriqué sous surveillance depuis la traite du lait". Le même homme réapparaît quelques mois plus tard pour fabriquer des yaourts avec du lait non surveillé depuis la traite sur lesquels il pose les étiquettes d'un autre Beth Din "surveillé depuis la traite".
Récemment encore des consommateurs achetaient une pizza au jambon garantie "cachère laMéhadrine".
Que dire de cette boulangerie parisienne qui a donné à ses consommateurs des gâteaux fait d'un fromage non surveillé au nez et à la barbe des rabbins qui s'y approvisionnaient?
Sans compter des fromages portant des dates de fabrication une veille de fête juive, jour où il faut un très grand don de soi pour aller visiter une usine à des centaines de Km de sa maison…
Sans parler de ce "Rabbin" qui s'épargne les frais de surveillance et attribue ses certificats de "Cacherouth" à partir de son bureau, au vu des certificats ou attestations diverses adressées par le fabricant, et encaisse ses royalties sans peine.
Hormis ce dernier cas, la respectabilité des Rabbins n'est pas mise en cause, mais la confiance qu'ils accordent à des intermédiaires commerciaux disposant à leur guise d'étiquettes de garantie ou d'une certaine mainmise sur les surveillants rabbiniques délégués.
Nous consommateurs, qui payons, cher, et même beaucoup plus cher des produits destinés à un public exigeant en matière de cacherouth estimons qu'il est du devoir des Rabbanim de veiller à la transparence des certificats de conformité qu'ils délivrent à leurs produits:
Comment les chaînes de fabrication sont elles cachérisées, par qui et en présence de qui? Combien de surveillants rabbiniques sont ils à la tâche dans des usines parfois gigantesques?
Quels sont les critères, voire les tolérances éventuelles, qui font que leur lait est déclaré "surveillé"?
Sont ils informés au jour le jour des fabrications commises en leur nom par les surveillants? Font ils des visites surprises des usines en cours de production, ou au minimum des sondages téléphoniques pour s'assurer de la réalité ce qui se fait en leur nom?
Ont ils l'occasion de vérifier les factures occasionnées par la surveillance (péages, tickets de train, nuits d'hôtel) et les comparer aux dates de production? Savent ils tous combien d'étiquettes ont été imprimées, et combien d'unités du produit ont été commercialisées?
Combien de surveillances simultanées assument ils pour fabriquer tout à la fois des gâteaux, du lait et des fromages, des boîtes de conserve, vins et alcools, poissons et confiseries, des glaces et des jus de fruits…. Quelle "kfitsat haderekh" (ubiquité, raccourcis miraculeux...) attribuent ils à leurs surveillants pour être sur tous les fronts à la fois ou comment tolèrent ils d'être magouillés par des distributeurs ?
Messieurs les Rabbins, vous qui avez connaissance depuis plus d'un mois de cette lettre signée "dans les larmes" par le Rabbinat de Metz, quelles mesures avez vous pris pour ne pas en être le prochain signataire et pouvoir déclarer le cœur net devant D.ieu que votre surveillance est sûre et sans tâche?

Un dossier préparé par K. Acher