La cacherouth

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23 Juillet 2013. Rapport sénatorial, lecture en diagonale du rapport.

A lire sur http://www.senat.fr/notice-rapport/2012/r12-784-2-notice.html :

À la suite du scandale de la viande de cheval retrouvée dans des plats préparés étiquetés « pur boeuf », le Sénat a mis en place une mission commune d'information dans le but de mieux connaître et comprendre les pratiques et les enjeux de la filière viande en France et en Europe.
La mission a constaté que, grâce à l'application d'un arsenal réglementaire puissant, le niveau de sécurité sanitaire des viandes et produits carnés garanti au consommateur français est aujourd'hui élevé. Elle plaide en faveur d'une coproduction de la sécurité sanitaire associant tous les acteurs de la filière:
- les professionnels, par l'instauration d'un agrément des négociants (traders) et un renforcement des sanctions ;
- les services officiels de contrôle, par un renforcement des effectifs et une meilleure coopération à l'échelle européenne ;
- les consommateurs, par un étiquetage obligatoire de l'origine des viandes brutes et transformées.
La mission s'inquiète de la santé économique de tous les maillons de la filière viande. Les productions bovine, porcine ou de volaille sont en recul. Certains fleurons de l'industrie de la transformation de la viande sont en difficulté. Des abattoirs ferment. Pour relancer la filière, la mission propose :
- de réorienter les aides de la PAC en faveur de l'élevage ;
- d'assurer une meilleure coordination entre amont et aval de la filière, associant les éleveurs, l'industrie d'abattage-découpe et la grande distribution ;
- de simplifier les normes pour redonner de la compétitivité à l'ensemble de la filière.
La filière viande doit enfin répondre à des attentes sociétales croissantes, notamment en faisant face au défi environnemental et en renforçant la transparence sur le bien-être animal. Dans cette perspective, la mission propose un étiquetage systématique du mode d'abattage des animaux.

Rapport sénatorial, lecture en diagonale du rapport.à l'image de l'écoute en diagonale de Mme la Sénatrice dont l'homélie inquisitoriale peut être visualisée sur http://videos.senat.fr/video/videos/2013/video19040.html.
Un "débat" s'est instauré avec le public sur la page https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=480568502028788&id=377730338979272&comment_id=3022549&notif_t=like
dans laquelle Madame et ses porteurs de plume ont poursuivi leur diatribe.
28 juillet
Lettre que nous aurions voulu ouverte à Mme La Sénatrice, mais son site est verrouillé et ne permet même pas de lui envoyer des messages privés.

Mme La Sénatrice.
Votre site affiche les buts de la mission sénatoriale:
« Le travail important mené par cette mission doit aboutir à plus de sécurité pour le consommateur et à rétablir la confiance envers les éleveurs ». La rapporteure de cette mission, Sylvie Goy-Chavent, en résume les grands axes : « Nous avons constaté l’ampleur de la fraude, plus large que nous pouvions le penser au départ. Et en termes de préconisations, il faut renforcer les contrôles, en France et en Europe, pour lutter contre les fraudes et interdire les prix cassés pour soutenir les éleveurs. »
La sénatrice souligne la question préoccupante de la réduction des effectifs de la Direction de l’alimentation au ministère de l’Agriculture et de la Direction des fraudes : « Il est difficile d’exercer un contrôle efficace dès lors que les effectifs ne sont pas suffisants. D’autant qu’en période de crise, la tentation de fraude est encore plus forte. » « C’est un vaste plan de relance de la filière viande » qu’il faut mettre en place recommande la sénatrice.

La question de l'abattage rituel n'est pas dans ce programme. Au point que la filière abattage rituel juif est la seule qui n'ait pas été touchée par les fraudes qui ont motivé la mise en place de cette commission.
Votre audition des deux représentants qualifiés de la communauté juive est lamentable en ce que vous leur coupez la parole, ne les laissez pas présenter des preuves de leur point de vue, et déclarez inacceptables des conclusions d'experts qui seraient juifs, "peut-être même des religieux".
Curieuse attitude pour une représentante de la République, qui donne l'impression tout au long de cette vidéo de poursuivre sa petite idée préconçue.
Vous prétextez que le consommateur a besoin de savoir comment sa viande a été abattue.
Nous n'avons jamais entendu parler de ce besoin avant que des "amis des bêtes" ne le créent.
A moins que vous nous apportiez des preuves que l'opinion publique s'en souciait avant l'OABA.
Votre doctrine "que les animaux souffrent" est étayée par un film, qui montre une dizaine d'abattages rituels, au demeurant qui ne sont pas le fait de la communauté juive. Mais à côté de ces cas-là, combien d'abattages normaux ont été élagués lors du montage de film?
Vous savez bien que des scènes semblables ont été filmées dans des abattoirs recourant aux techniques d'étourdissement, et que plus de 15% des "étourdissements" ne sont pas suivis d'effet, soit en valeur absolue plus que tous les animaux abattus sans "étourdissement". Peut-on à partir de quelques cas définir une généralité?
Si oui, je dirai que vous êtes antisémite car la plupart des remarques de vos soutiens ont des relents racistes.

Votre commission a-t-elle auditionné Yves-Marie Le Bourdonnec (http://blogs.rue89.com/dessous-assiette/2012/02/26/viande-halal-le-boucher-des-stars-defend-legorgement-226721)

« Vous connaissez la vache Wagyu ? Elle est originaire du Japon, on en élève un peu en Europe. C’est l’animal le plus zen du monde. On lui fait écouter de la musique, on lui sert de la nourriture torréfiée, du vin pour ses propriétés antioxydantes, on composte la paille pour en faire un fourrage plus délicat, on change sa litière tous les dix jours pour éviter les odeurs d’ammoniaque, on la brosse dans le sens du poil… Sa viande vaut dix fois plus cher que celle de n’importe quelle autre vache, c’est un mets de luxe servi dans des restaurants gastronomiques.
Avec l’éleveur avec qui je travaille, on s’est posé la question de savoir quel abattage choisir. Il n’est pas question que la bête soit stressée, sinon ce sont des semaines d’un élevage de luxe qui sont gâchées en quelques secondes. On a donc fait appel à un sophrologue animalier, pour avoir son avis. Cet homme a garanti à mon éleveur que l’abattage par égorgement est le moins douloureux. »
« L’étourdissement n’est pas du tout une méthode choisie pour le bien des animaux. C’est juste pour aller plus vite, pour avoir de plus grandes cadences. Croyez-moi, les animaux mal étourdis passent un sale quart d’heure !
L’abattage par égorgement est spectaculaire, et ce n’est pas bc
eau à voir, mais ’est une méthode nette, immédiate, le cerveau cesse tout de suite d’être irrigué, l’animal ne souffre pas.
Un signe qui ne trompe pas ? Avec ce type d’abattage, il n’y a jamais de “viande fiévreuse”, cette viande couleur rouge rubis qui ne peut être consommée parce que l’animal a subi trop de stress. »

Yves-Marie Le Bourdonnec nous semble plus compétent le l'OABA, le GAIA et les autres cliques bêlantes du bien-être animal.

Mais encore, Madame, pourquoi limiter la compassion envers les animaux à la viande de boucherie?
Nous demandons l’étiquetage des chaussures en cuir (au fait, dans quelles conditions travaillent les ouvriers du cuir "là bas"?), une documentation sur tous les vêtements en cuir, les fauteuils, les écharpes à poils de nos juges et avocats. Si vraiment les conditions d'abattage faisaient mal au cœur les gens s'en soucieraient jusqu'à là.
Nous aimerions que vos propositions ne négligent pas la chasse, la corrida, les combats de coq, l'abattage fermier. Des vidéos circulent suffisamment sur internet pour que vous soyez au fait des conditions peu reluisantes réservées aux victimes de ces activités.
Quand vous demanderez ceci, vous serez moins suspecte Madame.
Le projet d'étiquetage que vous avez repris des adversaires de l'abattage rituel leur permettra ensuite de stigmatiser cette viande et de la rendre invendable. La viande cachère continuera à arriver de l'étranger, et vous aurez ainsi contribué à ne pas relancer et même détruire un petit secteur de la filière viande. Vos électeurs vous en seront gré aux prochaines consultations électorales.

Un dossier préparé par K. Acher